Sakechaud.com

Le blog d'un Breto-Cambodgien ayant passé deux années en Chine et maintenant installé à Bordeaux.
Amoureux de voyages, de grands espaces, de bonne bouffe et de sourires, essayant souvent de voler ces petits moments sur mon appareil photo,
je vous souhaite la bienvenue sur cet espace détente ou les dim-sum ont remplacé les chips.

Enjoy your stay ;)

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Up !

En ce moment, j’ai trois gamins, des doudous, des jouets, des ballons, je roule en Xsara Picasso et j’achète des glaces après la scéance d’optimist.
Oui, je suis en mode « tonton », et du coup, je vais au ciné. Ca tombe bien, ça me manquait un peu.

Après « Ice Age 3 » hier soir, au tour de « Up » (« Là-haut« ) aujourd’hui.
Allez, je me lance dans une petite critique croisée de ces deux films d’animations, sauce perso, avec plein de spoils partout. Un article à déconseiller donc à tous ceux qui voudraient aller voir un de ces deux films prochainement.
Et pour briser tout de suite le suspens, je vous conseille vivement d’aller voir un des deux, à vous de deviner lequel ! (un indice se cache dans le titre de cet article…)

//Ice Age : Dawn of the dinosaurs

Qu’on se le dise, Ice Age 3 ne révolutionnera pas le genre du film d’animation 3D, et sent même parfois le réchauffé. Pourtant, malgré les gags classiques, malgré la volonté trop grossière de briser les barrières imposées par l’univers de la saga, malgré la relative banalité technique du film, Ice Age 3 est un très bon divertissement. Passé les « cliché », « trop prévisible », « déjà-vu » du premier quart d’heure, j’ai franchement rigolé, et les enfants ont adoré (faut dire, ya des dinos, et force est de constater qu’il n’y a pas qu’à mon époque que les gosses de neuf ans connaissaient les « Ankylosaures »).
Bref, les défauts pourtant assez grossiers de ce film sont vite éclipsés par ce qui fait la force de cette série : un humour toujours présent et bien mis en scène, la redondance « Scrat », et quelques nouveautés assez fraîches dont le fameux « Buck », la super belette aventurière.

Oui mais voilà, il y a un mais, j’ai nommé :

//Up :


Et là, pour le coup, le degré de perfection de ce film met très clairement en valeur les défauts du précédent, à tous les niveaux.

Techniquement d’abord, il y a un gouffre, et un gros. Non pas que Ice Age soit moche, mais les sutdios Pixar sont tout simplement sur une autre planète et ont encore placé la barre très très là-haut (ha ha ha). Il n’y a qu’à voir toutes ces mimiques imperceptibles, tous ces détails qui font la différence (typiquement l’oeil qui tremble, les textures des badges du scout, la barbe toute fraîche de notre petit vieillard…), et surtout cette facilité déconcertante à faire s’exprimer les personnages sans l’usage de la parole (remember Wall-E et ses deux mots de vocabulaire…).

Autre gros point fort chez Pixar, les paysages, toujours grandioses et utiles. La où Ice Age pose un décor qui servira de terrain de jeu aux personnages, et donc de « prétextes » à une grandes majorités de gags/cascades (glissades, fontes, effet miroir etc…), Up (tout comme Wall-E) utilise un environnement presque qualifiable de « Mizayakien », empli de poésie. Les décors servent à illustrer les questions soulevées, accentuent le rapport personnage/grandeur du monde et sont un élément à part entière et pas uniquement visuel de l’oeuvre.

En parlant de questions soulevées, là-haut-ssi (ha ha ha) la différence est frappante. Un des gros défauts d’Ice Age est la relative niaiserie des rapports entre les personnages, des messages d’amitié vus et revus (le classique « on s’embrouille » – « je pars » – « on se retrouve » – « on se sauve la vie » – « on est content ») et autres morales gentillettes. Ce n’est même pas un problème de fond mais bien de forme.
Wall-E était déjà une grosse claque dans ce domaine. Pour rappel, le message de base n’était rien d’autre qu’une histoire d’amour entre deux personnages, simple et efficace. Oui mais voilà, Pixar sait rester sobre, et surtout sait parfaitement laisser le spectateur interprêter tous les autres messages annexes évoqués. La où YAB va filmer la planète en mongolfière et nous balancer ses images les plus choquantes, Pixar se contente d’une vision apocalyptique de notre planète bourrée de gags muets qui dure vingt minutes. Et là vraie force de ce message écolo est qu’à la base, ce n’est justement pas un message imposé, mais bel et bien un élément scénaristique d’un film de divertissement librement interprétable par le spectateur.
Wall-E est et restera un film explorant les relations entre deux personnages, mais offrant un bouquet extrêmement large de questions et réflexions en suspens. Up est bien sûr de la même veine.

Premier point commun, ce postulat de base clairement noir qui lance le film. C’était déjà un peu le cas dans The Incredibles, ça l’était clairement dans Wall-E (une planète déserte et ravagée comme point de départ d’un film Disney, c’était quand même osé).
Up reprend la même recette, avec le récit express de la vie de Karl, sa rencontre avec Elie quand ils étaient gamin, son histoire d’amour, son mariage, la mort de sa femme. Cette séquence d’une trentaine de seconde qui nous apprend qu’ils ne pouvaient avoir d’enfants. Furtive, muette, inutile pour le reste de l’histoire, mais loin d’être de trop.
Une quinzaine de minutes tendres et émouvantes qui posent les bases du film en nous arrosant de sentiments forts, une séquence cinglante, brutale, extrêmement bien maîtrisée, racontant comment les réalités de la vie peuvent réduire à néants tous vos rêves les plus fous en un instant, le temps d’une vie.

Là encore, commencer un Disney par un constat aussi tragique est assez culotté. C’est par là-même ce qui fait la force du film, ce qui permet au spectateur de s’identifier aux personnages. Ces premières minutes s’avèrent alors indispensables, permettant ainsi de nous offrir quelques séquences où se mèlent incroyablement bien spectaculaire et intimité (envol des ballons, le choix de Karl entre l’oiseau et sa maison, Russel expliquant son histoire et cette femme à peine aperçue lors de la remise des récompenses…). Un équilibre délicieux et savement orchestré.
Mais encore une fois, pas de leçons de morales stéréotypées, pas de messages cachés : « vis ta vie comme tu l’as rêvée ! » « fait de tes rêves une réalité ! »
Up se contente de raconter la relation peu banale entre un vieillard rabougri et acariâtre, un scout joufflu et un poil collant, un oiseau géant multicolore et un chien qui parle. Pourtant, Up aborde une moultitude de thèmes, l’amitié, l’aventure, le destin, et vous laisse libre de toutes conclusions.

Et le mieux dans tout ça, c’est qu’on rit, qu’on pleure, et qu’on pleure de rire.

2 comments to Up !

  • nAno nAno

    la scene de combat aerien m’a beaucoup fait rire dans ice age.

    C’est clair que up est un cran au dessus, c’est plus subtil; mais attention le public n’est pas le meme. En tout cas, j’ai pleuré à la fin..

    en meme temps je pleure tout le temps au ciné.

    Belle analyse croisé sinon!

  • Greg Greg

    VOilà je viens de pleurer en finissant UP !
    Je me suis dit : « Tiens je vais aller voir ce qu’avec mis Alex »
    Et je suis d’accord avec toi sur ce que tu as dit sur ce film.
    PIXAR ne me décoit jamais (CARS un peu … mais bon …) et je n’ai pas été déçu là non plus =)
    Enorme ^^

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